Simon Auscher - Cuisine Playground

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GÂTEAUX ET CÉLÉBRATION

Parce qu'on manquait d'un peu de sucré par ici

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Simon Auscher
févr. 16, 2026
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Deux cents. Si on m’avait dit, au premier envoi, qu’on atteindrait ce chiffre, je ne suis pas sûr que j’y aurais cru. Plus de deux cents recettes, deux cents histoires, deux cents prétextes pour se retrouver autour d’une assiette. Et dans deux jours, la newsletter souffle une bougie de plus. Alors forcément, il fallait marquer le coup autrement qu’avec une salade tiède et un filet d’huile d’olive.

Le timing est presque ironique. Janvier m’a vu ranger le sucre au placard, concentré sur des assiettes différentes, plus protéinées, plus cadrées. Pas de dessert, pas d’écart, pas d’excuse. Et voilà qu’au moment d’ouvrir ces “30 jours sans gluten”, je choisis précisément de revenir au sucré. Parce qu’interdire n’a jamais été le sujet. Comprendre, tester, décider, oui.

Ce premier épisode met donc le sucre sous tension. Est-ce qu’on peut célébrer, se faire plaisir, planter des bougies dans un gâteau, tout en retirant le blé de l’équation ? Est-ce que le sans gluten est une contrainte ou un terrain de jeu ? J’avais mes doutes. Je les ai mis à l’épreuve.

Résultat : trois desserts, trois textures, trois preuves. Un fondant au chocolat dense, presque truffé, qui ne s’excuse de rien. Des muffins banane et fruits rouges moelleux, structurés, généreux. Et une tarte amande et agrumes qui joue sur l’acidité, la profondeur, la mâche. Pas des versions “adaptées”. Des versions abouties.

Ce qui m’a frappé, c’est la gourmandise. Les farines alternatives, les poudres d’amande, les équilibres de sucre et de matière grasse apportent autre chose. Plus de relief, parfois plus d’intensité. On ne compense pas l’absence de blé. On change de langage.

Si ce 200e post devait envoyer un message, ce serait celui-là : on peut se réinventer sans se frustrer. On peut enlever un ingrédient central de notre culture pâtissière et continuer à produire des desserts qui tiennent la route, qui supportent des bougies, des anniversaires, des enfants impatients autour de la table.

Alors pour pré-célébrer ces deux cents envois et l’anniversaire qui arrive, voici trois desserts sans farine de blé. Trois gâteaux pour prouver que le sans gluten n’est pas une punition. C’est une exploration. Et parfois, une très bonne surprise.

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Fondant au chocolat

Ce fondant est absolument divin. Dense, intense, avec cette croûte fine qui cède sous la lame et un cœur qui reste souple, presque crémeux. C’est une recette que je fais depuis longtemps, d’habitude avec un peu de farine pour structurer l’ensemble.

Pour ce test sans gluten, je n’ai rien bouleversé. J’ai simplement remplacé la quantité de farine que j’ajoutais à la fin par de la poudre d’amande. Même base, même logique, même cuisson douce. Juste ce swap pour voir ce que ça donnait.

Verdict ? Meilleur. Plus profond en goût, plus moelleux, plus intéressant en texture. La poudre d’amande apporte une richesse et une longueur que la farine n’apportait pas. Comme quoi, parfois, enlever un ingrédient ne retire rien. Ça révèle.


Pour 6 parts

160 g de chocolat noir (70 % idéalement)
160 g de beurre
160 g de sucre roux
4 œufs
30 g de poudre d’amande
1 pincée de fleur de sel

Préchauffer le four à 160 °C.

Faire fondre le chocolat avec le beurre doucement, au bain-marie ou au micro-ondes. Mélanger jusqu’à obtenir une texture lisse et brillante. Laisser tiédir.

Fouetter les œufs avec le sucre roux au batteur ou au fouet électrique jusqu’à ce que le mélange double de volume. Obtenir une masse claire, épaisse et bien mousseuse. C’est cette étape qui donne de la légèreté à la structure.

Verser le mélange chocolat-beurre tiédi sur les œufs montés. Incorporer délicatement à la maryse pour ne pas casser l’air accumulé.

Ajouter la poudre d’amande et la fleur de sel. Mélanger juste ce qu’il faut pour homogénéiser.

Verser dans un moule de 20 cm chemisé ou beurré.

Enfourner 30 à 35 minutes à 160 °C. Le gâteau doit être légèrement gonflé et craquelé. La cuisson douce permet d’obtenir un fondant dense, avec une croûte fine et un cœur presque crémeux.

Laisser refroidir complètement avant de démouler. Servir nature ou avec une pointe de crème crue pour accentuer le contraste.

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